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samedi 24 mai 2008

Sauternes Château de Malle

Le vignoble de 27 ha est planté d’un seul tenant autour du château. Il est situé sur un plateau bien exposé, au sous-sol siliceux, sableux et argilo-graveleux. Nancy de Bournazel est une référence dans la région et se passionne, aux côtés de son fils, pour son Sauternes 2003, gras, aux senteurs persistantes, d’un grand classicisme, tout en finesse aromatique (petits fruits frais, noisette, pain grillé), avec une bouche onctueuse et prometteuse. Le 2002, au nez complexe où s’entremêlent des nuances de miel, et de fleurs blanches, est tout en subtilité. Très beau 2001, de belle robe, dense, tout en bouquet, d’un bel équilibre, aux connotations florales subtiles, à la bouche fondue où se retrouvent des nuances de pain d’épices et de pêche surmûrie, associant puissance et souplesse, idéal sur un foie gras poêlé.

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samedi 26 avril 2008

Coups de cœur en Beaujolais-Villages

Château d’ÉMERINGES Pierre David 69840 Émeringes Tél. 04 74 04 44 52 Au sommet également. Un domaine dont le vignoble s’étage en coteaux d’exposition sud-est. Beau Beaujolais-Villages Vieilles Vignes 2006, de très belle robe d’un grenat profond, aux arômes de fruits rouges avec des notes fumées subtiles, un vin ample, chaleureux et très agréable. Le Beaujolais blanc 2006 est fin, ample, riche en bouquet (agrumes, aubépine, amande…), harmonieux, de bouche franche et persistante comme le rosé 2006, très fruité, à savourer sur des paupiettes. 

Château LACARELLE Louis et Paule Durieu de Lacarelle BP 5 69460 Saint-Étienne-des-Oullières Tél. 04 74 03 40 80 Fax. 04 74 03 50 18 e-mail : info@lacarelle.com www.lacarelle.com Classé 1er Grand Vin avec ce Beaujolais-Villages 2006 (vignes de 35 ans en moyenne, vendanges manuelles, macération semi-carbonique), riche en couleur comme en arômes, aux notes de fruits rouges à noyau, intense au nez comme en bouche. Le 2005 est de couleur pourpre, velouté et harmonieux, bien charpenté, au nez marqué de groseille mûre, de très bonne évolution.

Domaine Christian MIOLANE La Folie 69460 Salles-Arbuissonnas Tél. 04 74 67 52 67 et 06 07 62 25 70 Fax. 04 74 67 59 95 www.miolane-beaujolais.com Remarquable Beaujolais-Villages Coteau de la Folie 2006, de robe grenat, un vin de bouche puissante et dense, aux tanins bien fondus, au bouquet complexe où s’entremêlent des notes de petits fruits rouges bien mûrs et de réglisse.  Excellent Beaujolais-Villages cuvée de la Côtabras 2005, issu de parcelles très pentues dont tous les travaux ne peuvent se faire qu’à la main ou à bras, de belle couleur grenat, aux notes de mûre et de violette, de bouche persistante. Le Beaujolais-Villages Cru de l’Armurier 2006 est de belle matière, un vin de couleur soutenue, au nez de cassis et de sous-bois, dense, aux tanins soyeux. Goûtez le Beaujolais blanc “l’Atypique” (Chardonnay), aux connotations de noix et de genêt, d’une belle persistance aromatique. Profitez de votre halte pour visiter leur minimusée du Vin.

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dimanche 2 mars 2008

Châteauneuf-du-Pape : les incontournables

Domaine Juliette AVRIL Marie-Lucile et Stéphan Brun 8, avenue Pasteur 84230 Châteauneuf-du-Pape Tél. 04 90 83 72 69 Fax. 04 90 83 53 08 e-mail : domainejulietteavril@vinsdusiecle.com www.vinsdusiecle.com/domainejulietteavril Un vignoble de 22 ha, dont la moitié des vignes a plus de 50 ans. Très beau Châteauneuf-du-Pape rouge 2004 (75% Grenache, 10% Syrah et 15% Cinsault, Mourvèdre, Counoise et Vaccarèse, vendanges manuelles, cuvaison longue et vieillissement en fûts de chêne), riche, coloré et bouqueté, aux notes de cerise confite et d’humus, avec cette bouche chaleureuse et puissante, un vin ferme et fruité, finement épicé. Le Châteauneuf blanc (45% Grenache blanc, 25% Roussane, 15% Clairette et 15% Bourboulenc sur sol de marne, vendanges manuelles avec tris), de jolie robe dorée, est de bouche parfumée et persistante, avec ces notes de fruits frais, de tilleul et de miel, un grand vin dense et savoureux. Goûtez le Côtes-du-Ventoux rouge 2004, 60% Grenache, 30% Syrah et 10% Carignan sur sols argilo-calcaires, aux notes de mûre et d’humus, coloré et ferme, un vin de bouche bien charnue. 

Cuvée du VATICAN Sarl Vignobles Diffonty Jean-Marc Diffonty Route de Courthézon BP 33 84230 Châteauneuf-du-Pape Tél. 04 90 83 70 51 Fax. 04 90 83 50 36 e-mail : vignoblesdiffonty@free.fr Monte en grade dans le Classement. Le vignoble s’étend sur 28,5 ha (terroir de terres graveleuses, de sols sablonneux ou argilo-calcaires). Beau Châteauneuf-du-Pape rouge cuvée du Vatican 2005, de robe pourpre, un vin volumineux, au nez dense avec des notes de violette, de réglisse et de pruneau, classique et concentré, alliant finesse et structure.  Le Châteauneuf-du-Pape rouge Réserve Sixtine 2006 est encore jeune, de jolie robe intense, puissant en bouche, aux tanins fermes et bien équilibrés, aux notes de fruits rouges mûrs caractéristiques (pruneau, myrtille), un vin parfait sur un canard. Le Châteauneuf-du-Pape cuvée du Vatican blanc 2005 est très bien élevé, alliant nervosité et gras, au nez envoûtant et persistant, marqué par ces notes de fleurs blanches et de pain grillé, à déboucher sur une volaille rôtie ou un sandre.

Château FORTIA MM. Pastre et Le Roy de Boiseaumarié BP 13 84230 Châteauneuf-du-Pape Tél. 04 90 83 72 25 Fax. 04 90 83 51 03 e-mail : chateaufortia@vinsdusiecle.com www.vinsdusiecle.com/chateaufortia À la tête des Premiers Grands Vins Classés. “Les vendanges 2007 ont commencé avec une semaine d’avance, nous prtécise Pierre Pastre. Nous avons eu un été très sec contrairement à certaines autres régions et avons donc vendangé des raisins très sains. Les teneurs en sucre étaient élevées et les vins s’annoncent puissants, la couleur rouge foncé est profonde, cela est dû à la maturité parfaite. Nous nous situons encore entre une très bonne année et une année exceptionnelle dans la lignée des 2006 et 2005. Les blancs sont d’une belle fraîcheur, nous les avons récoltés assez tôt pour préserver leur délicatesse aromatique. Pour les rouges, les fermentations ont été vigoureuses, ce qui est très bon signe. Les rendements sont excessivement bas, volontairement limités à 35 hl/ha.” On se fait plaisir avec ce Châteauneuf-du-Pape rouge cuvée du Baron 2005 (45% Grenache, 40% Syrah, 15% Mourvèdre), un grand vin charnu et très parfumé, de robe pourpre sombre, aux arômes de fruits noirs avec des notes de grillé et charpenté, de belle garde. Le 2004 est très riche au nez comme en bouche, de grande structure, de couleur intense, au nez complexe où dominent les épices et la vanille. Le Châteauneuf-du-Pape rouge Tradition 2005 (95% Grenache, 5% Syrah) est typé, au nez de griotte et de cassis mûrs, un vin dense et complexe, très parfumé, dominé par les fruits macérés, de robe pourpre soutenu, un vin riche et bien en bouche, à apprécier sur un filet de bœuf en croûte. Le 2004 associe couleur et matière, au nez à dominante de fruits frais et d’humus, riche et subtil, de bouche dense. Remarquable Châteauneuf-du-Pape blanc 2005, de belle robe dorée, gras et suave, un vin d’une grande séduction, aux arômes de fruits blancs mûrs, d’une grande richesse aromatique en finale. Le 2004 se goûte aussi très bien, aux nuances de coing et de pain grillé, , riche en arômes comme en charpente. 

Château de HUSSON Bernard et Jérôme Granget 2031, Chemin des Saintes Vierges BP 56 84350 Courthezon Tél. 04 90 33 02 96 Fax. 04 90 33 16 82 e-mail : granget.bernard@wanadoo.fr La cinquième génération est aux commandes. Savoureux Châteauneuf-du-Pape rouge cuvée Melchior de Joanis 2003, un vin de bouche charnue, coloré, au nez concentré (violette et cassis), aux tanins bien fondus mais bien présents. Le Châteauneuf-du-Pape blanc 2005, au nez fleuri, suave et puissant, d’une très belle persistance aromatique en bouche, avec des nuances de pêche et de tilleul, très bien équilibré en finale, est tout en bouche.

Domaine MATHIEU Scea André et Jérôme Mathieu Route de Courthézon BP 32 84231 Châteauneuf-du-Pape Cedex Tél. 04 90 83 72 09 Fax. 04 90 83 50 55 e-mail : dnemathieu@aol.com Au sommet. Exploitation familiale de 22 ha, transmise de père en fils depuis 4 siècles. Superbe Châteauneuf-du-Pape rouge Marquis d’Anselme 2005, issu de vignes centenaires, goûté brut de foudre, ni collé, ni filtré, aux notes de pruneau et de sous-bois, de bouche pleine et généreuse, aux tanins fermes, de garde. Beau Châteauneuf rouge Tradition 2005, issu de vieilles vignes et d’une longue macération, coloré, de belle charpente, alliant finesse et concentration, avec ces nuances de groseille, finement tannique. Remarquable Châteauneuf blanc 2006, aux arômes de fruits et de fleurs, avec des notes subtiles de miel, d’une grande persistance aromatique, associant charme et puissance, de belle évolution. Le 2005, de robe jaune aux reflets verts, dense et floral en bouche, harmonieux, est complexe avec ces notes de citron et de tilleul, tout en arômes, d’une finale persistante. Goûtez leur Côtes-du-Rhône rouge 2005, de robe rubis, au nez de petits fruits rouges mûrs, très parfumé, ample, de bonne charpente, généreux et persistant, et le très joli CDR rosé 2006, tout en fruits.

Château MONT-REDON Jean Abeille et Didier Fabre 84230 Châteauneuf-du-Pape Tél. 04 90 83 72 75 Fax. 04 90 83 77 20 e-mail : montredon@vinsdusiecle.com www.vinsdusiecle.com/montredon Incontestablement à la tête des Premiers Grands Vins Classés avec ce Châteauneuf-du-Pape rouge 2005, issu majoritairement du Grenache (60 %), de la Syrah (19 %) et du Cinsault (15 %), dense en bouche, charpenté, un vin de couleur pourpre intense, au nez puissant et subtil à la fois, aux notes de fruits mûrs (cassis, griotte) et de truffe. Chaleureux 2004, où dominent des notes de groseille et de garrigue, de couleur pourpre, aux nuances de fruits surmûris (framboise, griotte) et d’humus en bouche, un grand vin typé comme nous les aimons. Superbe 2003, de charpente à la fois puissante et souple, avec beaucoup de matière, des arômes de fruits rouges complexes (cassis, mûre), des nuances de griotte, de cannelle et de fumé, un vin dense. Le 2001 est vraiment remarquable, un vin de bouche puissante et dense, aux tanins bien fondus, au bouquet complexe où s’entremêlent des notes de petits fruits rouges bien mûrs et de réglisse, de grande évolution comme le 2000. Remarquable Châteauneuf blanc 2005, d’une couleur aux reflets verts, au nez très aromatique, onctueux avec beaucoup de fraîcheur et de vivacité, très bien élevé, dense et parfumé, tout en bouche, fleurant bon les amandes, la pêche et les fleurs, très classique, puissant et subtil à la fois. Beau Lirac Mont-Redon blanc 2005, de bouche soyeuse, un vin ample, gras et vif à la fois, parfait sur des gambas grillées. de bouche florale et subtile, aux arômes de noisette et d’amande grillée, une belle réussite. Le blanc 2004 sent les fruits frais et l’amande, de bouche onctueuse et vive, avec des notes subtiles de coing et de noisette, un joli vin, fin et dense à la fois, tout en charme comme le Lirac rouge 2004, de belle couleur grenat, au nez de sous-bois et de griotte, associant finesse et charpente. Goûtez le CDR rouge 2005, de couleur profonde, bien corsé, où dominent les fruits mûrs, aux tanins fondus, bien en bouche, vraiment très abordable, et l’excellent CDR blanc 2006 (cépage Viognier), très onctueux, de bouche subtile à dominante de fruits frais et de fleurs. Tout en fruité et finesse, le Côtes-de-Provence Château Rio-Tord rosé 2006, provenant de leur autre domaine familial, et le Marc de Châteauneuf-du-Pape blanc, un régal, à boire frais en digestif. Exceptionnel rapport qualité-prix-typicité.

SAINT-BENOÎT Gérard Jacumin Route de Sorgues 84230 Châteauneuf-du-Pape Tél. 04 90 83 51 36 Fax. 04 90 83 51 37 e-mail : saint.benoit@wanadoo.fr www.saintbenoitvins.com Un remarquable Châteauneuf-du-Pape cuvée XIII 2005, avec des notes intenses de petits fruits rouges surmûris et d'épices, charnu, coloré et parfumé, charpenté, aux tanins amples. Le Châteauneuf-du-Pape Soleil et Festins 2005 (80% Grenache, 10% Syrah et 10% Mourvèdre) a des arômes puissants de griotte, des tanins bien présents, un vin volumineux et persistant en bouche. Le Châteauneuf-du-Pape Saint-Benoît Grande Garde, avec des nuances de cassis et de violette, allie charpente et souplesse en bouche, un vin de garde. Vous aimerez aussi ce Châteauneuf blanc La Gardiole 2005, issu d’une des rares vieilles Roussane du terroir de Châteauneuf-du-Pape (parcelle de 25 ares qui date de 1949), très savoureux, aux nuances de coing et de pain grillé, un beau vin tout en bouche, riche en arômes comme en charpente.

Domaine du VIEUX-LAZARET Vignobles Jérôme Quiot Avenue Baron-le-Roy, BP 38 84230 Châteauneuf-du-Pape Tél. 04 90 83 73 55 Fax. 04 90 83 78 48 e-mail : vignobles@jeromequiot.com www.jeromequiot.com À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Exceptionnel Châteauneuf-du-Pape rouge Domaine du Vieux-Lazaret 2005 (67% Grenache noir, 22% Syrah, 5% Mourvèdre, 4% Cinsault et 2% autres cépages sur des sols de galets, de terrasses caillouteuses et des sols argileux, vignes de 40 ans en moyenne), tout en bouche, avec des nuances de fumé, parfumé (cassis, griotte), aux tanins très équilibrés, à la fois puissant et souple. Le 2004 est dense et complexe, dominé par les fruits macérés, de robe pourpre soutenu, un vin riche et bien en bouche. Le Châteauneuf blanc 2004 (45% Grenache blanc, 30% Clairette, 20% Bourboulenc et 5% Roussane, sur des sols argileux, vignes de 30 ans en moyenne) est tout en finesse d’arômes, un vin très équilibré en acidité, dense et floral, très harmonieux, un vin ample sentant bon les noisettes et la pêche, à ouvrir sur un poisson au four. Splendide Châteauneuf-du-Pape cuvée Exceptionnelle (60% Grenache et 40% Syrah), avec ce nez de kirsch très spécifique, de couleur profonde, un vin riche et parfumé, de bouche fondue et puissante à la fois, de grande évolution. Le Châteauneuf-du-Pape Domaine Duclaux rouge 2004 (cépages dominants 70% Grenache, 20% Mourvèdre, sur des sols de galets roulés, d’alluvions, de sable, de cailloux et des sols argilo-calcaires, vignes de plus de 50 ans en moyenne) est de couleur intense, charnu, aux notes de pruneau, dense et puissant, coloré et parfumé, alliant charpente et rondeur, de garde. Goûtez aussi le Côtes-du-Ventoux Domaine du Vieux-Lazaret (65% Grenache noir, 30% Syrah et 5% de Cinsault et de Carignan, vignes de 30 ans en moyenne), au nez dominé par les petits fruits rouges (cassis, framboise), aux tanins très équilibrés, et ce CDR rouge Château du Trignon 2005 Plan de Dieu. Le Plan de Dieu est un nouveau CDR Villages reconnu pour la typicité de sa terrasse alluviale riche en galets, cépages Grenache et Syrah élevé pour 20 % en fûts de chêne, dense au nez comme en bouche (cassis, garrigue), aux tanins enrobés, de couleur cerise soutenue, régulièrement réussi. Très beau rapport qualité-prix-typicité.

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dimanche 17 février 2008

Guide des régions viticoles

Pour tout savoir sur les sols des vignobles, les cépages, l'accord des vins et des mets, les caractéristiques des appellations et des vins, cliquez sur une région.

vendredi 15 février 2008

La qualité du millésime 2007 dans le Val de Loire

Brigitte Dussert : dans le Val de Loire, les blancs et rosés devraient être particulièrement réussis ?

Patrick Dussert-Gerber : la Loire est une grande région, et les paramètres sont complètement différents à Vouvray ou à Pouilly.

Globalement, pour les rouges de Loire, ceux des régions de Touraine et de l’Anjou-Saumur, le millésime 2007 va être difficile. C’est pourquoi beaucoup de viticulteurs consciencieux ont produit plus de rosé, et ils ont eu parfaitement raison !

Dans cette région aussi, depuis quelques années, on goûtait des vins trop lourds, un Bourgueil ou un Saumur-Champigny doit être frais, vif, franc, un vin gourmand, ce qui ne les empêche pas d’avoir un potentiel de garde. Ils ne doivent pas copier les vins de Bordeaux ou du Languedoc.

On a ouvert des bouteilles de 2005 beaucoup trop concentrées, cela ne correspond pas à l’identité réelle de ces vins, le Cabernet franc apportant toujours, ici, une souplesse qui lui permet d’offrir des vins qui associent gouleyance et matière. C’est ce qui fait leur force : à quoi bon les dénaturer ?

Les blancs de Loire seront en effet très réussis car, même si les raisins ont manqué d’ensoleillement en juillet ou en août, le beau mois de septembre a compensé. La Loire est une région très étendue et il faut faire la distinction entre le Pays nantais et Sancerre, d’autant plus que parler des vins blancs de Loire globalement est naïf, puisque les cépages ne se ressemblent absolument pas. 

Qu’est-ce qui rapproche le Sauvignon du Chenin : rien ! Il s’agit donc d’être précis.

À Sancerre, en 2007, on observe que le Pinot noir a été souvent ramassé assez tôt, avant les blancs, ce qui est rare. Le Sauvignon a certainement souffert dans la région, mais on devrait avoir de très bonnes surprises chez les vignerons qui ont su faire preuve de patience.

Dans ce cas, à Pouilly comme à Sancerre, il y aura de très belles réussites puisque les années où les mois de printemps sont frais sont, en général, favorables aux vins blancs.

Je pense que l’on rencontrera des rouges très flatteurs, d’excellents rosés, et, quand les vins de Sancerre rosés sont réussis, ils sont parmi les meilleurs de France. Ce millésime 2007 est donc une très bonne occasion de relever l’image des rosés de la région. Il y a bien entendu des excès dans la région, en rendements comme en prix, et il faut donc choisir les vignerons simples et fiers qui s’attachent à élever quelques-uns des plus grands vins blancs secs de France.

Brigitte Dussert : vous aimez beaucoup le Chenin, qui s’épanouit en Anjou et Touraine...

Patrick Dussert-Gerber : c’est l’autre grand cépage de la Loire. Le Chenin est l’un des plus grands cépages blancs du monde, un cépage plus mature, plus tardif. En 2007, nous allons avoir des vins moelleux ou liquoreux exceptionnels en Coteaux-du-Layon comme à Vouvray... Ils sont dans la lignée des beaux 2004, 2003 et 2001, et d’un millésime 2005 assez typé, ici, et prometteur.

Quand on débouche un Bonnezeaux ou un Quarts-de-Chaume, on a toujours cet équilibre formidable entre la liqueur et la fraîcheur. Le millésime va dans ce sens, comme, nous le verrons plus loin, à Sauternes. Pour les amateurs, le 2007 doit être particulièrement favorable également aux rosés demi-secs.

Ici, la typicité s’allie à un rapport qualité-prix régulièrement remarquable et tout concourt au plaisir du vin. Pour les blancs secs, de très grandes bouteilles en Pouilly-Fumé comme à Vouvray, à Sancerre comme à Saumur. Les liquoreux sont exceptionnels, et les rouges associent charpente et fraîcheur, du plus souple (Touraine, Bourgueil, Sancerre…) au plus charnu (Chinon, Saumur-Champigny…), des vins qui s’apprécient jeunes mais savent aussi garder la distance (remarquables 2000, 98 ou 95).

Le millésime 2002 est très réussi en blancs, très difficile en rouges, et les 2004, 2003 et 2001 sont savoureux.

samedi 12 janvier 2008

Château Moulin de Sales

On se fait plaisir avec ce Lalande-de-Pomerol 2004 (70% Merlot, 20% Cabernet-Sauvignon et 10% Cabernet franc, avec un âge des vignes de 35 ans), fort bien élevé en fûts de chêne, très typé, au nez dominé par le cuir et les framboises, d’une belle intensité en bouche, qui allie distinction et richesse, un beau vin ample et très savoureux, d’une belle finale. Beau 2003, de couleur grenat soutenu, d’une belle concentration, aux notes de fruits rouges mûrs (griotte, framboise) et d’épices. Excellent 2002, de très belle robe d’un grenat profond, aux arômes de fruits rouges avec des notes fumées subtiles, un vin chaleureux et très agréable. Savouré aussi cette année, le 2000, en pleine maturité, de belle couleur, au nez de petits fruits rouges, de bonne charpente, ample et charnu. Le 99 est de couleur pourpre, aux arômes de fruits et d’épices, soyeux et dense. Goûtez leur autre Lalande-de-Pomerol Château de L’Évêché 2004, de couleur rubis intense, au nez où dominent la groseille et les épices, tout en complexité aromatique, avec des tanins ronds, un vin qui allie richesse et harmonie. Le

Goujon - RN 89

33500 Lalande-de-Pomerol Téléphone :05 57 25 50 12 Télécopie : 05 57 25 51 48 Email : chateaumoulindesales@vinsdusiecle.com Site : www.vinsdusiecles.com/chateaumolindesales 2003 est puissant, structuré, très élégant, tout en finesse aromatique, de robe soutenue, aux tanins riches, équilibrés. Excellent rapport qualité-prix.

mardi 1 janvier 2008

Les meilleurs Montagne-Saint-Émilion

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Château GRAND CORMIER Jacques Mournaud 24610 Minzac Tél. 05 53 80 77 43 Fax. 05 53 82 16 93 Une réussite avec son Montagne-Saint-Émilion 2004, au bouquet complexe où s’entremêlent des notes de fruits et de cannelle, harmonieux, riche et parfumé, de belle robe, un vin très équilibré, de garde bien entendu. Le 2003 est de couleur brillante, avec des arômes complexes dominés par des notes de pruneau confit, bien charnu. Goûtez aussi le Côtes-de-Bergerac rouge, de couleur rubis, très bien élevé, aux tanins fermes, dominé par le cassis et les sous-bois.

Château LA GRANDE-BARDE Dominique Maurèze 33570 Montagne Tél. 05 57 74 64 98 Fax. 05 57 74 65 42 e-mail : chateaulagrandebarde@wanadoo.fr Un vignoble de 9 ha marqué par son Merlot prédominant. Vous aimerez comme nous ce Montagne-Saint-Émilion 2004, de belle couleur, intense, corsé, velouté, aux nuances de mûre et de truffe, aux tanins fermes et ronds à la fois. Le 2003 est un vin alliant structure et présence aromatique, très bien charpenté. Excellent 2002, typé, riche en couleur comme en matière, de bonne garde comme ce 2001, parfait sur de l’agneau. Château HAUTE-FAUCHERIE Pierre et André Durand BP 3 33570 Montagne Tél. 05 57 74 62 02 Fax. 05 57 74 60 63 Une place enviable dans le Classement pour ce Montagne-Saint-Émilion 2001, qui se goûte particulièrement bien, de robe pourpre et soutenue, d’une belle structure, un vin dense, corsé, parfumé (griotte, poivre), long en bouche, aux tanins de belle qualité, de très bonne garde, idéal sur un canard à la broche.

Château JURA-PLAISANCE Mme B. Delol 33570 Montagne Tél. 05 57 51 91 44 Fax. 05 57 51 88 92 e-mail : bernard.delol@wanadoo.fr Un vignoble de 8 ha qui borde les appellations Pomerol et Saint-Émilion (sol argilo-calcaire, sables, 60% Merlot, 40% Cabernet franc). Beau Montagne-Saint-Émilion 2004, élevé 18 mois en fûts de chêne, riche en couleur comme en charpente, tout en finesse aromatique, de robe intense, typé, tannique, structuré et fin. Le 2003 suit, charpenté, au nez de fruits noirs mûrs, avec des tanins souples et très équilibrés, d’une très jolie finale.

Château LAFLEUR GRANDS-LANDES Vignobles Carrère Lamarche RN 89 33910 Saint-Denis-de-Pile Tél. 05 57 24 31 75 Fax. 05 57 24 30 17 e-mail : vignobles-carrere@wanadoo.fr Vignoble de 12 ha (7,7 ha en Montagne). Ce Montagne-Saint-Émilion 2004, dense, est complexe au nez comme en bouche (pruneau, épices), aux tanins ronds et fermes, de garde. Le 2003 est parfumé, tout en bouche, de très bonne évolution comme en atteste ce 97 redégusté cette année.

Château ROC DE CALON Bernard Laydis 33570 Montagne Tél. 05 57 74 63 99 Fax. 05 57 74 51 47 Le chaleureux Bernard Laydis, se passionne pour son vignoble de 20 ha (sols argilo-calcaires, 75% Merlot, 20% Cabernet franc et 5% Cabernet-Sauvignon). Superbe Montagne-Saint-Émilion 2004, l’un des meilleurs goutés dans ce millésime, typé, ample, tout en bouche, très parfumé (cerise noire, poivre). Le 2003 est charnu alliant finesse aromatique, ampleur et charpente. Très beau 2001, de robe soutenue, au nez très expressif de fruits, très équilibré entre puissance et fraîcheur.

La TOUR MONT D’OR Groupe de producteurs 33570 Montagne Tél. 05 57 74 62 15 Fax. 05 57 74 50 51 e-mail : la.tour.mont.dor@wanadoo.fr Très bien classé, et peut monter avec ce Montagne-Saint-Émilion La Tour Mont d’Or 2003, élevé en fûts de chêne, riche en couleur, alliant finesse et structure, aux tanins soyeux mais présents, de bouche persistante et prometteuse. Goûtez leur autre Montagne-Saint-Émilion Château Palon Grand Seigneur 2003, alliant des tanins puissants et fins à la fois, très bien élevé, de bouche bien savoureuse.

Château LA TUILERIE DES COMBES Comte Vincent Le Grelle 33570 Montagne Tél. 05 57 74 67 98 Fax. 05 57 74 00 06 Un remarquable Montagne-Saint-Émilion 2004, de robe grenat, riche, au nez intense, complexe, d’une belle finale où dominent la cerise noire mûre et les sous-bois, un vin de bouche flatteuse et riche à la fois. Le 2003 est tout en bouche, riche et gras, avec des arômes persistants et puissants, charpenté et distingué, aux nuances de violette et d’humus. Goûtez le très agréable Bordeaux Clairet.

Château VIEILLE TOUR MONTAGNE Pierre et André Durand BP 3 33570 Montagne Tél. 05 57 74 62 02 Fax. 05 57 74 60 63 Un Montagne-Saint-Émilion 2001, très représentatif de ce beau millésime, aux nuances de fruits rouges confits, où un léger boisé accompagne parfaitement les senteurs du Cabernet bien mûr, un vin ample, coloré, très équilibré avec une finale conséquente.

VIEUX CHÂTEAU DES ROCHERS Jean-Claude Rocher Mirande 33570 Montagne Tél. 05 57 74 62 37 Fax. 05 57 25 18 14 e-mail : jerocher@free.fr Les sols de ce vignoble de 4,8 ha (argilo-calcaires et argilo-siliceux avec de vieilles vignes de 30 ans, 80% Merlot et 20% Cabernet franc) expliquent ce Montagne-Saint-Émilion 2003, très réussi, alliant concentration aromatique, rondeur des tanins et persistance en bouche, avec ces notes très caractéristiques de cuir et de cassis. Le 2003 est un vin complet et riche, charnu, charmeur, et poursuit son évolution.

Château VIEUX MONTAGNE Françoise Decamps Lieu dit Petit Mongot 33330 Saint-Étienne-de-Lisse Tél. et Fax. 05 57 40 43 84 Vignoble de 6 ha 50 (argilo-calcaire). Vous aimerez ce Montagne-Saint-Émilion cuvée Passion 2004, corsé, aux tanins bien présents et harmonieux, riche et soyeux à la fois, avec une bouche puissante, parfumée et persistante. Très savoureux 2003, avec des tanins soyeux, au bouquet ample (violette, pruneau), de bouche équilibrée et persistante, qui poursuit son évolution. Le Montagne-Saint-Émilion est plus souple, coloré et riche en arômes de fruits rouges, qui allie rondeur et charpente.

lundi 31 décembre 2007

VinoVox, le 1er magazine WebVin

Le voilà, le résultat de notre force sur Internet. Le 1er vrai magazine du Vin sur le Web, alimenté par des centaines d'articles, de liens, de flux, de reportages, de présence sur le terrain... C'est -une nouvelle fois- du jamais vu, gratuit et unique ! Le mieux, c'est que vous alliez voir : Vinovox

mardi 13 novembre 2007

Attention aux prix de certains grands vins de Bordeaux

Les fidèles de mes sites et Guides savent que je défends toujours le rapport qualité-prix-plaisir allié à une typicité réelle marquée par les terroirs (quand il y en a un...). Je vous renvoie à mon Classement et à une certaine éthique qui m'est chère. Hélas, 3 fois hélas, il y a des surcotations incautionnables dans les prix de certains vins.

Prenons l'appellation Margaux que je connais particulièrement bien (voir : Twenga et le comparatif des prix des châteaux pour le millésime 2003, une page que vous devriez mettre en mémoire), et précisons d'abord 3 points :

- Dans cette appellation (voir aussi), 1 seul vin est mythique, c'est bien sûr le Château Margaux. C'est incontestablement l'un des plus grands vins rouges du monde et la démence du prix peut être admise si l'on s'en réfère au monde du luxe. Passons, donc, même s'il est regrettable d'avoir eu des hausses aussi importantes sur ce vin, et notamment sur le second vin, qui était beaucoup plus accessible autrefois. Ce qui est indécent, ce sont les différences de prix. On se contenterait largement (c'est un hasard mais ce sont les sites de mon ami Jean-François Moueix) des 950 € la bouteille demandés chez ChateauNet (la demi-bouteille est à 742,85 € chez 1855, totalement unjustifié), mais pourquoi mettre 80 € de plus chez Lavinia (1029 €) ou même 1.055 € chez Primeurs Bordeaux.

Avec ces 80 € économisés, autant s'acheter, toujours chez ChateauNet, l'exceptionnel Pavillon Rouge à seulement 70 € (30% de moins que chez Wine and Co ! ).

- Il y a des vins racés et d'un potentiel de vieillissement exceptionnels, que je "suis" depuis 30 ans, très abordables : Rauzan-Segla, Brane-Cantenac, Rauzan-Gassies, Desmirail, La Galiane (un cadeau pour une vingtaine d'euros, comme Charmant à 28,50 €). Ces vins sont souvent "oubliés" par mes confrères (américains ?) au mépris de tout bon sens ou pour d'obscures raisons... (certaines ne sont pas aussi obscures que cela).

L'avantage, c'est qu'ils bénéficient de prix particulièrement attractifs. Une cinquantaine d'euros pour un Brane ou un Rauzan-Segla (49 € chez ChateauNet), c'est justifié (pratiquement le même prix à 41 € chez 1855 pour Issan me laisse sceptique alors qu'on le trouve à 29 € chez ChateauNet...). Le Château Martinens à 16 €, c'est une affaire. Siran est également très abordable. Malescot à une soixantaine d'euros (62,90 €) me semble aussi beaucoup plus cohérent (c'est un très grand vin, remarquablement maîtrisé par Jean-Luc Züger, un vin que je "suis" depuis le début et qui évolue très bien) que Giscours à 53,40 € chez le même fournisseur ou qu'un Labégorce-Zédé à 32,50 € (le double que Martinens, je vous laisse comparer les 2 en débouchant les bouteilles).

- Il y a des prix absoluments déments : 480 € pour Lascombes (presque 10 fois plus que Brane !!!), on croit rêver. Qui a fait ce prix, en fonction de quoi, d'une bonne note chez Parker ? On remarquera que ce vin n'est même pas proposé chez ChateauNet ou même chez ChateauPrimeur, l'autre site du groupe Duclot, qui est la vraie "température" des prix réels des grands crus de Bordeaux...

Un autre exemple, toujours selon les cavistes du Net : c'est un cru éliminé de mon Guide : - Château Kirwan 2003 chez Vins Discount : 89 € la bouteille (vendu par 6). On peut se demander s'ils connaissent vraiment la traduction du mot "discount"... - Château Kirwan 2003 chez 1855 : 53 € la bouteille (et 19,90 € de livraison...) - Château Kirwan 2003 chez Elzevir : 58 € la bouteille (et 21 € de livraison...)

On en rit ou on en pleure ?

Voir, pour les liens directs

jeudi 18 octobre 2007

20 sur 20 ? mon blog perso qui note mes coups de cœur...

Je me fais plaisir, et j'y aborde pratiquement tous les sujets : la Boxe (regardez attentivement le jeu de jambes d'Ali, et Bretonnel), Sarkozy (je soutiens plus que jamais), Dido (et des vidéos superbes de Clapton, des Stones, de Dylan, Lou Reed, Brian Ferry, Amstrong, ou Callas), Rugby (de Bernard "Madrange" aux Blacks), ce qui nous met mal à l'aise (dont la précarité et cette pauvreté stagnante dans notre pays riche), Villepin (et sa rancœur), une rubrique houlala (de Catherine Breillat à Paris Hilton, du Japon à Jean-Claude Van Damme), le FMI (Strauss-Kahn, pas mal payé), Goldman (Là-bas), de quoi rire ou pleurer, mais aussi le génie des hommes avec les montres à complications (et un Planétarium époustouflant), les voitures à Paris, les vins Californiens, le scandale d'EADS (info ou intox ?), la Poste, mais encore Kouchner (j'aime bien), Lawrence d'Arabie, Rothko (et Soulages, et Warhol, et Tal-Coat, et Krémègne...), Ségolène Royal, BHL, Clearstream, la TVA des restaurateurs, les ministres, l'iPhone, Vuitton, les Echecs, quelques tacles à Fabius (mais aussi à Royal, Copé, Santini, Juppé, Bayrou ou Jospin), Ibiza, de quoi avoir honte, des conseils pour bien acheter (et éviter des vins à prix incautionnables), un peu de technique (du vin soda aux cavernes de Mars), de beaux vins..., des coups de chapeau (Google, Dominique Ferrandez, Cervantes, Imagine et My Sweet Lord en live...), les vins de Toscane, pas mal de coups de gueule ou tout comme (Toupie, Bollinger, les vins de cépages, Parker, Citadelles du Vin...), mes infos préférées (Europe 1, Guillaume Durand), les livres (Alamut, Vargas Llosa, Tourbillon...), bien sûr, puis la crise américaine, ce qui nous fait sourire (dont des articles sur le vin parus dans Le Figaro et Le Monde), les stocks-options (il est bien, Seguin), Brad Pitt, les copeaux de bois, le Champagne, l'astronomie, les grèves, voir et revoir Keyser Soze... le tout noté de 1 à 20, avec humour (quelques vidéos top de Nicolas Canteloup, Gad Elmaled, Florence Foresti), ironie ou conviction. De quoi se divertir mais surtout s'informer sur 20 sur 20 ?

mercredi 17 octobre 2007

Mes Classements des meilleurs vins

Lorsque, en 1985, j’ai été le premier à remettre en cause le « fameux » Classement des vins du Médoc, qui datait de 1855, cela avait créé quelques sautes d’humeur et de nombreux soutiens. Il m’a semblé ensuite logique de développer des classements pour toutes les régions de France, pour la grande majorité des appellations.

En revanche, et c’est contraire à la mode actuelle (et donc passagère), je me suis toujours refusé à « noter » un vin. La raison est simple : c’est pour moi une négation de ce « Sang de la Terre et du Ciel » que de l’affubler d’une note. Ce serait oublier la main de l’homme et la dimension humaine et subjective du vin. Faire cela, c’est comme si on notait un acteur de cinéma ou des peintres contemporains de 1 à 20. C’est une facilité pour attirer le chaland, qu’il me serait simple d’appliquer si je ne respectais pas autant les vignerons, que j’aime rencontrer car ils ont aussi leur importance (convivialité, passion…). Mes Classements évaluent les meilleurs rapports qualité-prix-plaisir. Ils tiennent compte de tous les producteurs : vignerons, négociants et caves coopératives. Ils sont ouverts à tous.

Pour mes Classements, trois points sont à retenir : 1 – Mes Classements ne sont pas figés et contiennent une hiérarchie interne. 2 – L’évaluation d’un cru se fait sur de nombreux millésimes. 3 – Chaque Classement est propre à une région. Mes Classements ne sont pas figés et ont une hiérarchie interne - Les 1ers grands vins classés Le sommet, même il s’agit de « comparer » non plus uniquement l’image de marque mais une réelle et très grande régularité qualitative. Aux côtés de crus incontournables, quelques autres atteignent des sommets, notamment pour récompenser un savoir-faire et un rapport qualité-prix indéniable. Il est impératif de suivre la hiérarchie interne de chaque classement, les premiers des Premiers Grands Vins classés étant supérieurs aux autres Premiers. - Les 2es grands vins classés C’est la catégorie qui réserve le plus de surprises, et les coups de cœur y sont nombreux. À elle seule, cette catégorie est une véritable hiérarchie, et de nombreux producteurs y évoluent selon les derniers millésimes ou cuvées dégustées. Aux côtés de certains « grands » crus (ou marques) historiques qui parviennent à se maintenir au plus haut niveau (c’est surtout le cas à Bordeaux, en Bourgogne et en Champagne), plusieurs vins moins connus y figurent, grâce à leur régularité qualitative et un exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir. Certains vins de cette catégorie peuvent d’ailleurs prétendre atteindre des sommets, et d’autres méritent largement leur place grâce à un rapport qualité-prix-typicité exceptionnel, même s’il faut savoir aussi respecter la hiérarchie interne de cette catégorie. En tout cas, de grandes valeurs sûres, et l’on peut noter que certains domaines, dont la notoriété n’existait pas il y a quelques décennies, parviennent, chacun dans sa catégorie, à s’imposer et à devenir incontournables. - Les 3es grands vins classés C’est une position « d’attente » où l’on trouve des vignerons qui élèvent des crus qui n’ont pas été suffisamment dégustés et qui peuvent détrôner des vins plus connus dans les dégustations à l’aveugle. Ces producteurs peuvent donc monter en grade, bénéficiant d’un *. D’une manière générale, le fait même d’être dans ces Classements implique une haute tenue qualitative. Les vins ne sont intrinsèquement pas comparables, le Classement ne fait donc que les situer les uns par rapport aux autres, selon l’évolution des millésimes. Les « premiers » des Deuxièmes Grands Vins classés, par exemple, sont très proches de la catégorie Premiers Grands Vins classés. Il faut donc bien sûr tenir compte du prix pour comprendre qu’un très grand cru, sur le plan du terroir, mais très cher, peut être dans une catégorie semblable qu’un autre cru, peut-être moins connu, plus modeste, mais dont le rapport qualité-prix est excellent. Cela ne remet bien entendu pas en cause le très haut niveau qualitatif du vin le plus réputé (et donc le plus cher). Dans tous les cas de figures, certains vins classés peuvent mériter mieux dans des millésimes précis comme 2004, 2003, 2002 ou 2001 (ils sont indiqués alors par un *).

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Voir Les Classements

samedi 13 octobre 2007

Les Classements des vins de France

Chaque semaine, les meilleurs vins.

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samedi 29 septembre 2007

Top Champagne

Mon Classement 2008 est un vrai coup de cœur, entièrement actualisé, et vous montre le véritable visage de la Champagne, qui tient compte de la qualité, du prix, de la régularité, de l’accueil et de la passion des hommes. C’est ce qui fait tout son intérêt ; récompenser les meilleurs, les plus connus comme les autres, ceux qui respectent les consommateurs. L’image de marque n’est plus suffisante, c’est la régularité qualitative et des prix justifiés (ou pas) qui comptent.

Il faut considérer le Champagne comme un vin à part entière : les très grandes cuvées de prestige (celles que l’on retrouve dans le Classement dans la catégorie des Premiers Grands Vins Classés, puis dans une bonne partie des Deuxièmes Grands Vins Classés) sont des cuvées de Champagne que l’on boit comme un grand vin, en les associant à des moments du repas, sur des plats appropriés. On a la chance d’accéder ainsi aussi bien au summum de la finesse qu’à celui de la complexité et de la vinosité. Bien que l’on en parle moins (à tort), le terroir, les sols ont toute leur importance en Champagne, apportant une spécificité réelle et différente selon que l’on se trouve à Cramant ou à Épernay, à Ay ou à Bouzy, dans l’Aube ou la Marne. À cela s’ajoute la proportion des cépages, et chaque maison, cave ou vigneron, possède alors les facultés de créer véritablement une cuvée légère ou puissante. Et puis, ce qu’il ne faut pas occulter pour comprendre la différence entre une grande cuvée et une autre, ce sont, outre l’art fondamental de l’assemblage que signe la main de l’homme, les incontournables vins de réserve, que l’on ajoute à des vins plus jeunes. On ne fait un grand vin que si l’on a du stock, l’exception confirmant la règle.

Comme partout également, on trouve aussi des cuvées bas de gamme, qui changent de nom et d’étiquette selon leurs distributeurs, et des cuvées de concours qui masquent l’ensemble de la production, faute de savoir-faire ou d’approvisionnements adéquats. Certaines négociants sont dans ce cas, de plus en plus de producteurs se réservant leurs meilleures cuves ou raisins pour vendre en direct (on les comprend). Il y a aussi des cuvées bien trop chères, difficilement cautionnables, donc.

Attention aussi aux nombreuses marques qui appartiennent à certains “faiseurs”. Ai-je besoin de souligner que, autant que je puisse le savoir (certaines marques – caves coopératives ou négociants – cachant bien leur véritable identité), ceux qui ne sont plus que des noms sur une étiquette ne font pas partie de cette hiérarchie, comme d’autres marques de négoce, dont la qualité n’est pas en cause, qui sont dirigées par des responsables de groupes qui vendent du Champagne aujourd’hui comme demain de la lessive… À quoi bon les soutenir ?

jeudi 27 septembre 2007

Gigondas à l'honneur

Le vignoble est tout entier sur la commune sur des sols d’alluvions d’argiles rouges caillouteuses, sur des pentes ou de vastes terrasses. Le climat est chaud et sec, avec 2 800 heures d’ensoleillement annuel. Le mistral est le vent dominant. Les meilleurs vins sont issus d’une production à l’hectare qui devrait en faire réfléchir plus d’un (35 hl). Et si les rosés de Gigondas sont riches et capiteux, très parfumés, les vins rouges sont fruités, concentrés, puissants, d’une belle couleur pourpre, corsés, séveux, avec un bouquet caractéristique où se mêlent prune, réglisse et parfums de sous-bois, remarquables sur le gibier et les plats épicés.

dimanche 23 septembre 2007

Et nos "concurrents", ils sont où...

Vous savez que je suis peu soucieux des critiques, mais, à des moments, il faut remettre les choses et certains à leur place. On est donc vraiment désolé pour les "concurrents", qui n'arrêtent pas de gloser et ne se gênent pas -eux- pour nous critiquer, même si, on le sait, on ne peut être jaloux que des réussites ou des "institutions".

Bref, sur le 1er et unique réseau mondial d'informations, Internet, il n'y en a que pour Patrick Dussert-Gerber et nos sites qui ramènent au Guide Dussert-Gerber des Vins de France (Albin Michel).

AUCUN AUTRE GUIDE REEL "PAPIER" est avant nous ! En plus, tous nos sites renvoient à MILLESIMES ou aux CLASSEMENTS, directement consultables sur le Net.

Quand un internaute veut acheter ou consulter un guide sur les vins, il tape instinctivement "guide des vins" ou "guide du vin". Pas de Hachette ni de Parker, ni de Bettane, ni de machin ou de truc. On a fait le test, et cela devrait calmer certains :

1/. Google (le 1er, de très loin, plus de 89% du marché, voir : http://barometre.secrets2moteurs.com) - Quand on tape "guide des vins", sur Google, c'est pire pour nos amis, on est en pole position sur 2,7 millions de liens - Avec "guide du vin", on est en 8e position sur plus de 4,2 millions de résultats

2/. Yahoo - Avec "guide des vins", on est en 2e, 3e et 7e positions, sur plus de 4,3 millions de liens - Quand on tape "guide du vin", nous sommes présents 4 fois sur la 1ère page devant plus de 7,1 millions de sites : 2e, 4e, 8e et 10e

3/. Live Search/msn (Microsoft) - Avec "guide des vins", on est en 1ère position sur près de 388.000 résultats - Quand on tape "guide du vin", on est en 2e, 7e et 8e positions sur plus de 540 000 résultats

4/.Vo ila (Orange) - Avec "guide des vins", on est en 1ère, 4e et 7e positions sur près de 1,3 millions de résultats - Quand on tape "guide du vin", on est en 7e et 8e positions sur plus de 1 million de liens

5/. Altavista - Avec "guide des vins", on est en 1ère, 4e et 6e positions sur plus de 4.3 millions de liens - Quand on tape "guide du vin", on est en 2, 3e, et 3e positions sur plus de 7,3 millions de résultats

Evidemment, je ne me suis contenté que des résultats de la 1ère page des moteurs de recherche, mais qui va consulter la 3e ou la 1500e ?

samedi 22 septembre 2007

Acheter Millésimes en direct

Acheter en direct : http://www.guidedesvins.com/acheter.php

Rire ou pleurer ?

Dans mon autre Blog Perso (http://dussert-gerber.blogspot.com/), une rubrique intitulée : "On en rit ou on pleure", qui porte bien son nom...

Voir : http://dussert-gerber.blogspot.com/search/label/On%20en%20rit%20ou%20on%20en%20pleure%20%3F

vendredi 14 septembre 2007

Clos de Sarpe : une référence à Saint-Emilion

Voir le Classement : http://www.guidedesvins.com/saint-emilion-sat.php

Grâce au savoir-faire d’une tradition familiale forte de trois générations de vignerons, la production du Château Clos de Sarpe possède cette identité très affirmée qui est l’apanage des meilleurs. Bénéficiant d’un terroir exceptionnel sur un coteau argilo-calcaire dont la noblesse a été avalisée par le temps, le petit vignoble de 3 ha 68 est traité comme un véritable jardin dans le souci permanent du respect de la nature : visée écologique poussée, façons traditionnelles méticuleuses, rendements maîtrisés, vendanges manuelles à maturité parfaite... une approche qui trouve son prolongement au chai, dans une vinification naturelle, s’effectuant lentement dans la durée. Au total, un vin au caractère bien trempé, aussi franc et pur que généreux, qui rivalise chaque année avec les plus grands crus de l’appellation. Vinifié dans le même esprit, le deuxième vin, Charles de Sarpe Saint-Émilion Grand Cru.

Un remarquable Saint-Émilion GC 2006, de couleur intense, racé, aux tanins riches, aux connotations de cassis, de mûre et de poivre, tout en élégance, d’excellente garde. Le 2003, à la fois charnu et distingué, d’une belle couleur rubis prononcé, avec des notes de fruits mûrs (cassis et framboise) et de réglisse, est parfait sur un civet. Le 2002, de couleur profonde, allie concentration aromatique, ampleur des tanins et distinction en bouche. Le 2001, corsé, aux notes de pruneau et de sous-bois, est un vin puissant, de très bonne bouche, de très bonne évolution. Le 2000 est un cru qui allie élégance et richesse, complexe, avec ces nuances de fruits rouges bien mûrs et une touche d’épices très caractéristique, non encore à maturité bien entendu. Vieux millésimes disponibles (beau 98).

Coup de cœur pour le Château Les Heaumes

Voir le Classement : http://www.guidedesvins.com/cotes-de-bordeaux.php

Particulièrement apprécié son Côtes-de-Bourg 2004, charnu, riche en couleur, au nez complexe de fruits cuits et de cuir, aux tanins puissants et savoureux. Le 2003 est très typé comme on les aime, coloré, avec des tanins souples et très équilibrés, un vin riche, savoureux, qu’il faut garder quelques temps pour mieux profiter de son potentiel. Le 2002, aux notes de sous-bois et de cassis mûr, de bouche ample et fondue, commence à s’apprécier très bien sur un rôti, d’excellente évolution comme ce 2001, un beau vin, au nez d’épices et de sous-bois, exhalant des notes sauvages et persistantes, aux tanins bien équilibrés, qui commencent à se fondre.

Le talent des vignerons de France

Pour Patrick Dussert-Gerber, depuis 28 ans, le vin est une entité à part entière qui associe l’inné et l’acquit, le talent et la passion, le ciel et la terre, l’homme et la science, le matériel et l’irrationnel, la poésie et le savoir, le plaisir et la mesure (si l’on a soif, on boit autre chose)... Il faut respecter à la fois une culture et une éthique. Il faut rester humble devant les dégustations, sincère face à ses convictions, défendre tous ceux qui s’attachent à élever un vin digne de ce nom avec passion et convivialité. Dans cette optique, il y a peu de place pour la frime ou l’arrogance. Le vin, c’est donc le reflet d’un état d’esprit, et d’une éthique, technique et morale. Le reste, l’osmose inverse à outrance, les concentrateurs, le surboisage… c’est du dopage, et du blabla.

Brigitte Dussert : vous aimez beaucoup l’Alsace et ses vignerons. Les vins ont-ils évolué ?

Patrick Dussert-Gerber : l’Alsace est une région toujours aussi forte qui ne rencontre pas de difficulté particulière. Il faut quand même dire que, depuis quelques années, on dégustait des vins plus douceatres avec beaucoup moins d’acidité. Deux paramètres pour l’expliquer : soit c’est l’évolution climatique qui donne des vins plus doux et moins acides et là c’est logique dans des millésimes comme 2003 ou 2005, soit c’est une volonté délibérée ou une mode. Si c’est le cas, attention au risque de dépersonnaliser ces crus. Un Riesling ne doit pas être suave mais, au contraire, bien sec, et l’acidité est nécessaire pour l’équilibre et la typicité de ces vins. J’affectionne particulièrement l’Alsace (quelques origines d’Andlau), la bonne humeur des vignerons, le plaisir de pousser la porte d’un winstub, bref, celui de partager l’amour du vin. Je connais parfaitement le vignoble et il y a un bon nombre de producteurs que j’estime et soutiens depuis mon premier Guide, ce qui ne nous rajeunit pas (Gresser, Schléret, Hauller, Berger, Klein, Jung, Schaeffer-Woerly, Haegi, Rolli, Dussourt, Reinhart, Materne Haegelin...) et d’autres, découverts il y a une dizaine d’années comme Odile Weber, Ruhlmann, Beck, Engel, l’exemplaire Cave de Hunawihr...

Et puis, comment résister à ces gouffres d’arômes que sont les Sélections de Grains Nobles et les Vendanges Tardives (issues particulièrement des Gewurztraminer Pinot Gris) ?

Brigitte Dussert : le Beaujolais est-il reconnu comme il le devrait ?

Patrick Dussert-Gerber : paradoxalement, alors qu’un bon nombre critiquent cette région, c’est aussi celle qui fait beaucoup d’envieux avec cette extraordinaire réussite du Primeur, du vin nouveau, que, ni la Touraine, ni Gaillac ou les Côtes-du-Rhône n’ont pu contrarier. En Beaujolais, on parlait de crise mais ceux avec lesquels nous travaillons dans Millésimes ou qui nous envoient des échantillons pour le Guide s’en sortent bien, leurs prix sont très abordables, n’augmentent pas et cela prouve qu’ils conservent leur clientèle. C’est ce qui compte par dessus tout. Il me semble qu’enfin, en France, on a compris aussi que les Beaujolais pouvaient être des vins très charmeurs, très agréables mais aussi très typés et divers, des vins qui méritent d’être pris au sérieux, et pas uniquement des Primeurs à boire frais et jeunes. Là encore, il y a des incontournables : Franck et Georges Dubœuf, jalousés mais exemplaires, et un bon nombre de fidèles dont les vins, dans des appellations de Crus comme Juliénas, Moulin-à-Vent, Morgon ou Brouilly créeraient bien des surprises dans des dégustations “à l’aveugle”. On peut citer facilement Chavagnat, Mortet, Siffert, Miolane, Brisson, Chignard, Champagnon, Boisfranc, Lacarelle, Baronnat, Combe aux Loups, Clos du Fief, Pérelles, Py de Bulliat...

Brigitte Dussert : les vins de Loire semblent poursuivre leur chemin, naturellement, sans péripéties ? Patrick Dussert-Gerber : le vignoble de la Loire est très disparate car il est très étendu. Je connais bien, j’ai débuté ici. Pour les vins blancs, on retrouve les incidences de ces étés très caniculaires qui assouplissent les vins. Cela se ressent beaucoup moins à Sancerre, à Pouilly ou en Anjou, car le Sauvignon notamment sait conserver cettre fraîcheur qui fait sa spécificité. Un plaisir de dégustation que l’on ne retrouve jamais dans les vins étrangers souvent trop ronds et pas du tout rafraîchissants. Il y a bien sûr des différences qualitatives entre les différents vignobles. A Pouilly ou à Sancerre, ce sont des vignobles très intéressants mais qui doivent faire attention à ne pas galvauder leur notoriété, en produisant trop. Certains vins sont parfois surcôtés et il ne faudrait pas que la clientèle se demande, à un certain moment, si elle ne paye pas trop cher des vins qui ne le méritent pas. Je recherche toujours des bons rapports qualité-prix et vous trouverez les meilleures adresses dans les lignes qui suivent. Pour vous mettre en bouche, dans le Pays Nivernais, par exemple, on ne se trompe pas en poussant la porte de Thierry Redde, d’Henry Natter, des Pabiot, d’Alphonse Mellot, de Nicolas Brock, de Balland, Chevreau ou Pascal Gitton.

Toujours en blancs secs, quelques producteurs de Muscadet sortent toujours du lot, se refusant à trop arrondir leurs vins, respectant ainsi leur particularité (Dabin, Chéreau, Morilleau...), et un bon nombre d’autres élèvent de grands vins de Chenin ou de Sauvignon, aux environs de Tours, de Saumur et d’Angers (Brézé, Louet-Arcourt, Éternes, Chaise...). Ne pas oublier les Crémants et Saumur ou Vouvray, dont la locomotive incontournable est Patrice Monmousseau (Bouvet), suivi de quelques autres (Beauregard, Valmer...).

Dans le reste des appellations, par exemple, en Saumur-Champigny, Chinon... les vins restent à des prix très accessibles, ce sont des vins servis dans les restaurants grâce à leurs prix très attirants, leur qualité est certaine, les vignerons ont toujours fait des efforts, et ne sont pas rentrés dans l’engrenage de la surmaturation ou d’une surconcentration en barriques, restant fidèles à la typicité de leurs sols où se plaît parfaitement le Cabernet franc, et je les soutiens. Il suffit de citer Filliatreau, Pisani-Ferry, Buisse, Couly, Raffault, Jamet, Chaintres, Guilloterie... pour avoir des vins remarquables. Idem en Touraine (Marionnet, Mandard...), ou en Anjou-Saumur (Aupy, Paleine...).

L’autre grande force de la Loire (côté ouest), ce sont des moelleux et liquoreux de haute volée, qui, comme ceux d’Alsace, dament le pion aux “historiques” liquoreux bordelais qui ont eu tendance à s’endormir sur leurs lauriers. Vouvray, Quarts-de-Chaume, Bonnezeaux, Coteaux-du-Layon, autant de viviers pour exciter ses papilles avec des vins chaleureux, d’une très grande expression aromatique, de lente évolution, à des prix partticulièrement sages chez Chéné, au Clos de l’Epinay, à La Varière, L’Été, Aubert, Fardeau, Godineau...

Brigitte Dussert : la Bourgogne est toujours inattaquable pour ses vins blancs. On entend (et on lit) beaucoup moins d’amabilités sur les rouges. Qu’en-est-il ? Patrick Dussert-Gerber : la Bourgogne est un cas à part car c’est un “petit” vignoble en France. Certes, la Bourgogne du sud dans le Mâconnais est une région assez grande mais quand on parle de la Bourgogne on fait plutôt référence à la Côte de Nuits et à la Côte de Beaune. Si l’on s’en tient donc à ces deux entités, je trouve que depuis 7 ou 8 ans les vins sont exceptionnels, que ce soit en blanc comme en rouge. On déguste des vins qui conservent cette puissance de rondeur, de souplesse et de suavité mais aussi cet équilibre avec l’acidité qui en fait des vins de longue garde. Globalement les Bourguignons n’ont pas changé leur façon de faire le vin. Ils ont, bien sûr, évolué et se servent des techniques modernes, et c’est bien normal, mais les grands vins de Bourgogne sont quand même les mêmes que ceux que l’on goûtait il y a quelques années. Ils ont eu raison de ne pas se laisser tenter par les “sirènes” ou “confrères” qui leur demandaient de faire des vins avec plus de couleur, toujours plus concentrés... et on se rend compte que les clients acquiescent cette politique car les vins sont pré-vendus.

En blanc, c’est sûr, il n’y a aucune concurrence. Si besoin est, débouchez les flacons d’Ampeau, Antonin Guyon, Clos des Perrières, Prieur-Brunet, Carillon, Doudet-Naudin, Jaffelin, Darviot, Marey, Blondeau-Danne, Dubreuil-Fontaine, la majorité (vous lisez bien) à des prix particulièrement justifiés ou abordables. Idem à Chablis, avec des Grands et Premiers Crus très racés que l’on savoure chez Tremblay, Robin, Moreau, Geoffroy ou Laroche, toujours incontournables. Plus au sud, il y a la famille Vincent, à Fuissé ou Protheau à Mercurey, qui valent le détour. Beaucoup d’autres suivent, et sont retenus régulièrement dans mon Guide et Millésimes.

En rouge, certains pensent, en effet (et proclament, mais il faut pardonner l’ignorance), que les vins de Bourgogne ne font pas partie des plus grands vins du monde, ne parlant que de Bordeaux. Je suis intimement convaincu du contraire, quand on goûte des vins assez vieux (1976, 1989, 1996, 1997...) mais aussi les derniers millésimes, les vins sont très équilibrés, toujours assez légers en couleur mais c’est normal avec le Pinot noir. On ne plante pas du Grenache ou de la Syrah ici, et la couleur n’a rien à voir avec la qualité du vin, et encore moins avec son potentiel d’évolution. Franchement, n’y-a-t-il pas de quoi être heureux, dans toute la gamme, à tous les prix, avec les vins de Lamarche, Thomas-Moillard, Trapet, Rebourseau, d’Angerville, Clos des Lambrays, Esmonin, Monts-Luisants, Leclerc, Audoin, Prunier, Patriarche, Gerbet, Joliot... On se rend compte également que ceux qui commencent à boiser trop leur vin ne font que le dessécher, mais les cas sont minimes et proviennent surtout de quelques négociants beaunois, attirés par de bonnes notes de critiques, pour pouvoir exporter, comme les mouches par le miel.

Brigitte Dussert : vous aimez également beaucoup les blancs comme les rouges de la Vallée du Rhône... Patrick Dussert-Gerber : c’est un grand vignoble, très étendu, et les vins sont très disparates. En crus comme à Châteauneuf-du-Pape par exemple, tout va bien, les vins sont cohérents quant au rapport qualité-prix qui est en accord avec la typicité et le potentiel d’évolution. Montredon, Quiot, Fortia, Mathieu... font des vins chaleureux, et, somme toute, très abordables quand on parvient à un tel niveau de qualité. Même si j’ai goûté ici de très bons vins depuis le premier Guide, les efforts se sont poursuivis également dans les appellations alentour, comme Gigondas, par exemple, où l’on se fait plaisir avec des vins à 10, 15 €, à Rasteau et à Visan, on trouve des vins formidables à des prix moindres. Vous remarquerez que ces appellations ont souvent pour fer de lance leur caves, ce qui en fait un bel exemple de solidarité qualitative et d’une motivation de toute la production. Le Nord, avec Condrieu, Cornas, Saint-Joseph ou Côte-Rôtie, est également un vivier de beaux vins, bien que certains se soient orientés vers quelques cuvées trop puissantes ou trop marquées par le bois neuf, course à l’export oblige, encore hélas.

Brigitte Dussert : et la Provence ? On voit une remontée forte du rosé.

Patrick Dussert-Gerber : ici, les vignerons ont la chance d’avoir un climat exceptionnel grâce au mistral. Ce qui a le plus évolué, c’est que l’on assiste à une belle remontée de la qualité du rosé. De gros efforts qualitatifs ont été fournis, et les rosés de Provence des propriétaires que nous connaissons (je ne parle pas de la “grande cavalerie”, toujours existante) sont redevenus des vins tout à fait intéressants avec une typicité en fonction de leurs cépages, de leurs appellations, et il y a une belle reprise de confiance des amateurs. Et là, en plus, il n’y a aucune concurrence au niveau mondial, car il n’y a rien de similaire ailleurs. L’appellation des Coteaux d’Aix en Provence va dans ce sens et l’on ne peut que l’encourager.

C’est donc un bon créneau, s’il tire vers le haut, mais qui ne doit surtout pas masquer pour autant les vins exceptionnels que l’on trouve (plus rarement) en rouge et en blanc. Passez à Bormes-les-Mimosas (Malherbe), à Taradeau (Rasque), à Bandol évidemment (Bronzo, Bunan, Olivette, Lafran-Veyrolles, Suffrene...), revenez en Côtes-de-Provence (Brégançon, Élie Sumeire, Jas d’Esclans, Sauveuse...) et vous aurez de quoi faire avec des vins complexes et charnus en rouges, suaves et vifs en blancs, qui demandent tous une cuisine raffinée et riche. Tous les vins de mes Classements sont à un beau niveau.

Brigitte Dussert : le Languedoc, c’est toujours l’avenir ?

Patrick Dussert-Gerber : en Languedoc, on se cherche, et depuis bien longtemps. Faut-il faire du vin de table, du vin de qualité, planter, arracher, créer des micro vins, faire des vins de cépages, vendre de la marque Merlot ou Chardonnay (qui n’a pas grand chose à faire dans le coin) selon la cible potentielle, faire des produits pour les jeunes, pour les femmes, pour le 3e âge... La politique, les pouvoirs publics se mêlent et s’emmêlent depuis quarante ans, sans trouver de solution. Ici, il y a également une crise sociale injustifiée à résoudre (comme à Bordeaux, on le verra plus loin) et il n’est pas excusable que le travail de centaines de producteurs ne soit pas rémunéré décemment. Ce n’est pas normal, et encore moins de dire que c’est de la faute des vins du “nouveau monde”. Je ne soutiens pas non plus les regroupements massifs tentés ici ou là, à Bordeaux comme à Narbonne, qui vont sûrement profiter aux “gros” distributeurs, même si, et j’en suis conscient, on a également besoin des meilleurs d’entre eux pour écouler la production. Mais on peut vendre sans perdre son identité d’appellations ou de territoires. La nouvelle mention “Sud de France”, par exemple, si elle apporte peut-être un éclaircissement sur l’ensemble de la région, va à l’encontre de ce que je crois : développer les niches plutôt que d’amalgamer les appellations, en perdant ainsi le peu de lisibillité que l’on a, en gommant encore plus l’identité... Le Languedoc, ce Sud de la France, ce n’est quand même pas une marque de négociant !

Sur un autre plan, je ne suis pas certain que l’on ait découvert l’eldorado, même si l’arrivée massive d’investisseurs et de bordelais a permis d’acheter des terres à bon prix et d’avoir quelques coupures de presse. De nombreuses cuvées spéciales sont trop “spéciales” justement, et cela engendre une dénaturation des vins, on goûte beaucoup de vins assez écoeurants, surboisés avec des micro-cuvées trop chères. Ce problème s’étend aux vins de cépages. Ne fait pas Daumas-Gassac qui veut.

Il n’y a donc pas de mystères dans la région, et les territoires sont connus. Les meilleurs producteurs élèvent des vins racés et typés, qui ont su conserver leur spécificité qui se dévoile au travers des cépages de la région, chacun s’exprimant au mieux selon les sols d’alluvions, d’ardoise, de schiste ou de calcaire, en bénéficiant d’un beau rapport qualité-prix. Vous les trouverez en Corbières (Grand-Caumont, Vaugelas, Simone Martinolle, Étang des Colombes...), en Minervois (Fabas, Blomac, Villerambert-Moureau, Barroubio...), en Coteaux du Languedoc (Cave de Roquebrun, Mire-l’Étang, Saint-Martin des Champs...) et en (rares) vins de pays.

Brigitte Dussert : en Sud-Ouest, calme plat ?

Patrick Dussert-Gerber : j’aime bien ces vins. Ils sont bons, abordables (pas tous, il y a des cuvées à prix vraiment déments, je les oublie dans mes écrits). Par contre, on sent une sorte d’inertie parmi les viticulteurs ou la profession, on ne sait pas si c’est passager mais on n’entend pas beaucoup parler de Fronton, de Cahors, de Bergerac, de Gaillac, de Jurançon ou de Madiran, qui manquent de visibilité. On voit de temps en temps de grandes affiches dans les rues des vins de Bergerac, un dossier de presse sur Gaillac, un autre sur le Cahors “primeur”...

Là encore, on s’est “regroupé”, soi-disant pour avoir les moyens de sa promotion. On attend de voir, et chaque syndicat fait ce qu’il veut. Ce qui compte, c’est de frapper à la bonne porte, ceux que nous soutenons depuis longtemps sont toujours à la tête de leur appellation, ont confiance dans leur gamme, et nos Classements sont assez parlants.

Brigitte Dussert : en Champagne, tout va très bien ? Patrick Dussert-Gerber : c’est la région qui a le mieux travaillé depuis 20 ans, les grandes maisons certes, mais ce sont surtout les producteurs qui ont le plus développé la qualité et leur image. Il existe une vraie entente cohérente entre grande maisons et viticulteurs, même s’il y a des jalousies, ils savent se respecter, négocient, régulent le marché... Le résultat est probant, la Champagne est la seule appellation mondiale sans concurrence qui est en croissance extrêmement forte, qu’elle va poursuivre. Aucun Cava, ni mousseux, français ou étranger ne peut lutter qualitativement et en terme d’image avec le Champagne. Ici, il y a également une notion de Cru, de terroir, ce qui n’existait pas auparavant, car on parlait plus de l’assemblage, qui demeure bien sûr un paramètre important. Le Champagne a démontré que ce n’est pas uniquement un verre rempli de bulles mais qu’il y a une vraie typicité, une différence entre un Chardonnay planté au Mesnil-sur-Oger et un autre à Bouzy. C’est une force formidable que la Champagne ait compris que l’impact de son sol était à mettre en avant, qu’il ne s’agissait plus uniquement de vendre un vin de fête mais aussi un vin de table. Nous, cela fait des années, que nous le savions, nous avons suivi et soutenu l’évolution des vignerons champenois bien avant que leurs ventes ne se soient autant développées. Je me souviens que, beaucoup de professionnels, s’étonnaient, à l’époque, lorsque, dans mes classements, je plaçais en premier, parfois à côté de grandes maisons historiques, des vignerons totalement inconnus qui sont maintenant respectés dans le monde entier. Tout a changé ici. En gros, il reste une poignée de maisons familiales et exceptionnelles (Roederer, Pol Roger, Taittinger, Gosset, Thiénot...), d’autres, tout aussi respectables, intégrées dans des groupes (Philipponnat, Piper et Charles Heidsieck, Krug, Ruinart, Laurent-Perrier...), des coopératives de premier plan (Devaux, Vincent d’Astrée, Collin, De Castelnau...) et il y a une véritable explosion qualitative de la propriété (De Sousa, Peters, Ellner, De Telmont, Mignon, Bara, Geoffroy... et beaucoup d’autres). Je vous renvoie à notre article et au Classement.

Brigitte Dussert : et, à Bordeaux, ce grand vignoble qui vous tient à cœur. Patrick Dussert-Gerber : à Bordeaux, il faut faire des distinctions. Il y a d’abord une dizaine de vins mythiques d’un niveau qualitatif exceptionnel mais très chers. Il est difficile d’en parler comme d’autres vins, car on entre dans le monde du luxe où l’image et la rareté comptent beaucoup.

Il y a ensuite la masse des grands crus classés, dont certains, beaucoup moins prestigieux, plus à la mode (pas mal de vins surbarriqués sont dans le lot), ont atteint des prix incautionnables, car, pour ceux-là, il est toujours question de rapport qualité-prix, ne leur en déplaise. Force est de constater que l’on retrouve ces bouteilles de moins en moins dans la restauration française et dans nos caves, leur prix devenant un frein réel. Ces vins-là, à forte valeur ajoutée, sont vendus majoritairement à l’export, délaissant, à tort, le marché français. Je me demande quelle serait la réaction du Japonais qui a sa cave remplie de ces vins-là, et ne les verrait pas en France. Il pourrait se demander s’il ne s’est pas fait avoir ? Heureusement, il y a les très grands vins, très classiques, où l’élégance prédomine (Léoville-Barton, Montrose, Calon-Ségur, Lynch-Bages, Brane-Cantenac, Rauzan-Segla, Rauzan-Gassies, Desmirail...).

Dans le Libournais, on est toujours dans l’expectative. D’un côté les vrais grands vins marqués par des territoires que personne ne peut nier, de Petrus (voir page 112) à de nombreaux autres crus d’une typicité exceptionnelle, dans une gamme large, où l’élégance s’allie à la structure, selon les sols et rien d’autre, sans artifices (Magdelaine, Bélair, Certan de May, Lamarzelle, Beauregard, La Croix, Laroque, Guadet, Balestard...).

En face, il y a des vins bien différents (particulièrement à Saint-Émilion ou en Côtes-de-Castillon), beaucoup trop boisés, trop concentrés, desséchés, qui n’ont aucun intérêt mais nous ne parlerons pas d’eux, tant ils sont encensés de facon indécente par des “gourous” français ou étrangers.

À quoi bon créer des vins écœurants comme de l’encre, faire des “produits” à 15° quand la région bordelaise a, depuis toujours, su faire primer la distinction. J’ai débuté avec des “pointures” mondiales comme Jacques de Loustaunau, Émile Peynaud, Ribéreau-Gayon, ils s’attachaient tous à défendre cet atout essentiel de Bordeaux : élever de grands vins capables d’associer la puissance et l’élégance, et la durée dans le temps. Jean-Claude Berrouet (confer page 8) est dans la lignée. Il signe quelques-uns des plus grands vins du monde et sait que la (grande) qualité n’a rien à voir avec un élevage outrancier en bois neuf, ni à des artifices techniques.

Le marché intermédiaire (8 à 20 €) est un formidable vivier, qui fait la force de Bordeaux, dans toutes les appellations, aussi bien dans le Médoc, à Saint-Émilion, ses satellites, que dans les Graves ou les Côtes... On a plaisir à déguster des vins typés, très bien faits, qui bénéficient d’une belle série de millésimes grâce aux étés chauds, donnant des vins savoureux plus faciles à boire rapidement mais aussi d’un beau potentiel de garde.

Les 2004 et 2001 sont des millésimes que j’affectionne particulièrement, un peu à l’ombre des grands millésimes médiatiques et c’est dommage, car ils sont l’archétype classique du bordelais, où la finesse prédomine, des vins très prometteurs. Les viticulteurs font des efforts de qualité, sont efficaces, travaillent bien dans leur chai mais aussi à la promotion de leurs vins, car il ne s’agit pas de ne faire que bon, il faut le faire savoir. La majorité élève ces vins dans la grande tradition bordelaise.

Il y a également une région où les vins sont exceptionnels, Pessac-Léognan, avec des crus envoûtants, en blanc comme en rouge. À Pomerol, les vins sont restés très typés, cela correspond aussi à la mentalité des propriétaires qui respectent leur terroir et ne se complaisent pas dans l’esbroufe. Saint-Émilion est une appellation qui fait encore parler d’elle avec un classement qui fait sourire (pour ne pas dire plus), tant des déclassements restent incompréhensibles, c’est navrant.

Cela amène le consommateur à penser qu’à Bordeaux on parle trop de classements, de jalousie, de prix, de frime et pas assez de qualité intrinsèque du vin et cela porte tort à toute la région, même aux Bordeaux les plus modestes. Ajoutez à cela une vraie crise sociale snobée par quelques propriétaires et négociants qui préfèrent aller chercher ailleurs ce qu’ils devraient promouvoir venant de leur région. En fin de compte, on se moque de savoir si un cru est classé ou non, que les Côtes soient réunies ou pas, ce qui importe, c’est ce qu’il y a dans la bouteille et le rapport qualité-prix-plaisir !

Brigitte Dussert : le respect de la nature, la convivialité, la diversité... Patrick Dussert-Gerber : pour faire un bon vin, il faut rester humble. C’est la nature qui a modelé des territoires, formé des strates, créé l’érosion, apporté des alluvions... Cette nature, il faut l’entretenir, la respecter, la mettre en valeur au travers d’une écologie évidente. L’homme n’intervient qu’après. Il a le choix : soit il se prend (très) au sérieux, plante n’importe où, mise sur les sophistications œnologiques, multipliant les “jus de confiture”, bref, fait un “produit”, blanc, rouge, mousseux ou rosé, et parfois à un prix inadmissible. Soit, le vigneron fait partie intégrante de son terroir, s’efface devant lui en le laissant s’exprimer, maîtrisant les techniques modernes qui sont alors les bienvenues quand elles ne viennent pas “aseptiser” les vins.

Il faut aussi avoir une éthique. On ne peut pas accepter l’arrogance de quelques propriétaires (vous n’en trouverez pas beaucoup dans MILLÉSIMES) face à la crise sociale que connaît encore le monde du vin en France. Chacun doit être rémunéré et la solidarité doit primer. Le prix n’entre pas en cause, c’est l’état d’esprit qui compte : on peut être riche et savoir partager, élever le plus grand vin du monde et rester modeste, promouvoir sa région avant d’aller chercher ailleurs. Et puis, ce qui compte, c’est de prendre du plaisir.

© Paru dans MILLESIMES 2007 Voir aussi la sélection des meilleurs producteurs de l'année :

http://www.millesimes.fr/